Bienvenue dans Larmes de Rouille,
Au gré de mes déplacements et des opportunités , je vais essayer de vous faire partager ce que je peux voir . Spectateur privilégié d'une partie du monde maritime , portuaire, de la réparation....., je vous invite à laisser vos commentaires et critiques.
Les photos de ce site ne sont pas libres de droits. Bonne visite et à bientôt car le site évolue en permanence.

Welcome to Tears of Rust "Larmes de rouille" According to my travel and opportunities, I will try to share with you what I can see. Privileged spectator of part of the maritime world, port, repair ..... I invite you to leave your comments and criticisms. Enjoy your visit and see you soon because the site is constantly evolving.
Accueil / Histoires /

Godillon

2/4
Tailles de photo diaporama Montrer les méta-données du fichier Télécharger
Tumblr
IMG_4056.JPG IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>IMG 3701||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108185516-bb9b6ad9-th.jpg>MiniaturesIMG 3913||<img src=./_datas/7/3/8/738yu62eqd/i/uploads/7/3/8/738yu62eqd//2011/11/08/20111108184859-a1ca6220-th.jpg>

Photo non représentative de l'histoire ci dessous.

LA MANCHE A AIR
Je ne suis qu’une manche à air, curieuse de tout, je ne suis plus très jeune mais ma mémoire
est bonne. L’histoire qui suit est la mienne, rare survivante parmi 2732 bateaux tous pareils
les LiBerty-Ship
Je suis posée le 6/04/44 à la Nouvelle Orléans au-dessus du poste d’équipage du James W
Fannin deux jours après, un baptême en vitesse et, le troisième jour, les essais à la mer
commencent. L’équipage prend possession du navire : des gamins, le commandant a trente
ans. Une semaine après, nous sommes admis au sein de l’US Navy et rejoignons Boston,
seul, à dix noeuds. A peine arrivé, pose de quatre canons et embarquement des servants.
Nous errons de quai en quai : essais de formations de convois, essais de canons. Bruyant.
Après trois journées de chargement de matériels divers, nous mouillons sur rade parmi
d’autres. Pas le temps de se reposer longtemps, la formation du convoi débute, prend une
journée et, c’est le grand départ vers l’Angleterre sous le N° PQ 54. Dix jours de traversée :
l’Atlantique Nord nous tolère sans broncher. Certains membres de l’équipage ont peur. Il faut
les comprendre : ils ont vécu des torpillages ou des attaques aériennes. Malgré tout, je me
sentais en sécurité au milieu de cinquante autres navires de commerce identiques et de
l’escorte composée de vingt destroyers, frégates, escorteurs et deux porte avions. En chiens
bergers, ils ne cessent d’évoluer autour du convoi. Après douze jours et deux alertes, nous
sommes en vue de l’Angleterre, le convoi se disperse vers différents ports. Pour notre part,
nous rejoignons Londres, les marins débarquent mais pas les servants des canons. Une attaque
aérienne est toujours possible. J’écoute sans cesse les bruits pour savoir ce qui se prépare,
mais je suis incapable de me faire une idée. Le deux juin l’équipage est à nouveau au complet.
Nous descendons la Tamise, pourquoi nous stoppons ? . Quoi !! Un ballon au bout d’un
câble ! On doit avoir l’air ridicule ! Ce qui me rassure, c’est que tous les dix navires, il y en a
un pour parer aux attaques aériennes. La Manche nous accueille avec une tempête qui, le
cinq juin nous oblige à faire demi- tour pour revenir le six juin devant Utha Beach. Personne
ne parle : la peur de l’inconnu. Eh oui ! , je participe à l’opération Neptune, partie maritime
du débarquement Allié en Normandie. Des pertes. Ma voisine de pont emportée le premier
jour par une volée d’obus. Peu à peu les plages deviennent plus calmes et pendant dix mois,
nous transportons du matériel à l’aller, des prisonniers au retour. Puis, tout à coup plus rien,
un grand silence suivi d’une formidable exclamation. La guerre est finie à l’Ouest. Bien vite,
nous repartons vers les Etats-Unis ou nous arrivons pour apprendre que nous sommes à la
retraite : la guerre dans le Pacifique est finie aussi.
Après quelques mois à l’ancre, des visiteurs arrivent et, j’apprends que nous sommes donnés à
la France avec soixante quatorze autres. Les canons sont démontés, l’équipage arrive et, je
fais l’objet de soins car je suis tordue. Souvenir de guerre. Le bateau est baptisé St Malo.
Pour le premier voyage, du charbon : quelle poussière ! Arrivés au Havre, ma curiosité fait
que je suis la première à savoir que nous appartenons à la Compagnie Générale
Transatlantique. Nous naviguons beaucoup entre la France et les USA. L’hiver l’Atlantique
Nord nous fait souffrir. Puis un jour direction l’Afrique d’où nous ramènerons des grumes. En
cours de route j’apprends par l’équipage que le Grandcamp a explosé à Texas-City. Six cents
morts cinq mille blessés. Trois mois après, l’Océan liberty explose pour les mêmes raisons à
Brest ; Vingt morts, des centaines de blessés. La consternation et la tristesse régnaient à bord.
L’Afrique c’est un mois sur rade, cinquante kroomens regroupent les bois flottés. Quel
spectacle ! surtout les « mouillés » qui doivent sauter d’un arbre à l’autre pour planter une
pigouille qui sert à crocher les troncs pour les charger.
Un jour, nous nous mettons à « voir » la nuit et dans la brume : le radar dont j’avais tant
entendu parler est installé.
Pendant dix huit ans, nous naviguons ainsi jusqu’au jour ou nous sommes désarmés, je suis
démontée pour être remplacée par un « champignon », rangée sous un hangar. « Ça peut
toujours servir » La poussière s’accumule. De temps à autre, je suis déplacée. Le bâtiment est
vendu avec moi. Je vois les chalumeaux arriver, c’est fini. Non, il est midi : une camionnette
s’approche, je suis poussée à l’intérieur et j’arrive chez un antiquaire. Lavée, nettoyée,
séchée, j’attends. On vient me marchander, pas facile pour une star comme moi, qui ait vu
tant de choses, d’être considérée comme décor. J’arrive dans une librairie ou je suis le clou de
la décoration. Une vie tranquille. Arrive l’été 2000, un nouveau client passe un soir. Il revient
fréquemment et un jour, avec des photos d’hélices. Toujours curieuse malgré mon age, jeme
doute qu’avec la libraire il prépare un coup.
En février 2002, le voilà qui débarque avec une remorque chargée d’une pale d’hélice. Les
voisins sont là pour aider à la mise en place. Ils souffrent, j’espère qu’ils n’y arrivent pas. Me
voler la vedette ! . Le soir après bien du mal, la porte se referme sur elle, couchée en travers.
Des déménageurs installent cette ferraille. Elle est devient une star mais je fini par l’accepter.
Elle est sympa, me respecte : privilège de l’age et puis je suis certaine que ce « client » finira
par ramener quelqu’un d’autre alors …
Moi je suis là, mais n’oubliez pas qu’avec beaucoup d’autres, j’ai participé à la libération de
votre pays. Beaucoup ont disparu. A ma connaissance, nous sommes encore cinq manches de
ce type à travers le monde.
Le St Malo a été désarmé une première fois en 1960à Landévennec.Rendu à l’état un an plus
tard, il est repris en gérance par la Transat.Bat pavillon panaméen et grec. Il s’échoue le
vingt-huit novembre 1966 devant Halifax,abandonné il se brise en deux .C’est une perte
totale.
Texte Godillon.

Créée le
Jeudi 26 Mai 2011
Ajoutée le
Mardi 8 Novembre 2011
Albums
Visites
717
Score
4.34 (2 notes)
Notez cette photo

1 commentaire

Ajouter un commentaire

  • Bernard - Samedi 17 Décembre 2011 14:02
    J'aime bien ce genre d'histoires qui relève du patrimoine. Merci Manu
Nombre de pages vues (miniatures ou images) : 889250
Consultations des 10 dernières minutes : 45
Nombre de pages vues des 60 dernières minutes : 88
Nombre de consultations d'hier : 306
Nombre de visiteurs des dernières 24h : 40
Visiteurs des 60 dernières minutes : 3
Visiteur(s) récents: 1